Monocoque Générali

16 août 2009

« Dis Yann, cette ultime étape, si c'était... »

A 13h14 et après un rappel général, les 52 protagonistes de la lutte finale sont entrés dans le vif du sujet dans des conditions typiquement locales au pied des collines de la baie de Dingle : un ciel bas et lourd, des pluies éparses, un petit clapot et 15-18 nœuds de sud-ouest. C'est parti pour la « der des ders », celle de tous les enjeux ! Une étape aussi extrême que décisive avec au menu 511 milles dans des conditions météo très complexes pour rallier Dieppe. Voilà pour le décor avec une panne de vent en fin de traversée de la Manche annoncée pour pimenter l'affaire déjà bien relevée. Du côté des acteurs, la distribution n'oublie personne puisque le déroulé de cette 40è édition de la Solitaire du Figaro veut que les dix premiers bateaux se tiennent - après trois étapes déjà disputées - en une demi-heure. Mieux encore, dans les plus hautes lignes de cette hiérarchie, ça se bouscule franchement au portillon avec des écarts aussi infimes qu'ils en sont insignifiants ! Tant de prétendants et un seul vainqueur : le scénario est parfait, il augure un suspense de tous les instants. 2è, à 4'59'' de Nicolas Lunven, Yann Eliès associe ce quatrième acte à celui « de la mort subite ou du but en or ». L'image fonctionne et donne toute la mesure des rêves et objectifs de grand succès qui se dessinent devant l'étrave de son monotype.

Saison Figaro 2009



Avant d’en attraper la barre pour livrer une bataille de haute volée, le skipper de Generali s’est néanmoins plié au jeu du portait chinois d’une ultime étape de 40è Solitaire, décidément riche de tous les ingrédients qui font la magie de la course…
 
Une couleur : « le rouge et le noir. Il y a du quitte ou double dans cette histoire. Le rouge parce que cela va être chaud bouillant, c’est la couleur de la lutte pour la victoire. Le noir parce que la menace de la mort subite rode pour beaucoup de nous ! »
 
Une odeur : « celle du sang… La bataille sera sans merci. »
 
Un son : « le chant de la victoire ou le cri de la défaite. »
 
Un élément : « le vent qui menace d’être aux abonnés absents. Il faudra que je fasse avec celui que j’aurai ! »
 
Un animal : « l’alligator. Il ne se voit pas, mais c’est un terrible prédateur ! »
 
Un plat : « un petit Lunven à la sauce morlaisienne. Armel Le Cléac’h et Jérémie Beyou, qui me suivent au classement général sont de la baie de Morlaix. C’est copieux, mais délicieux ! »
 
Une boisson : « le champagne pour arroser ce repas ! »
 
Une citation, une chanson : « Demain ne meurt jamais. C’est un James Bond (rires !)…  mais j’aime surtout l’idée que même si je perds cette bataille, je resterai en vie avec ce plaisir de naviguer que j’ai retrouvé sur cette édition. »
 
Une émotion : « des pleurs de joie, des pleurs de fatigue. »
 
Un sentiment : « celui d’avoir tout donné jusqu’au bout. »
 
Une sensation : « l’ivresse de la fatigue, de l’effort, qui fonctionne comme une drogue. »
 
Une chose : « Une bataille de sorte que quoi qu’il advienne, que je gagne ou je perde, ce ne sera certainement pas la fin de la guerre. »
 
Un défaut : « L’orgueil , nous sommes tellement nombreux à prétendre à la victoire. »
 
Une qualité : « la combativité, la volonté de se dépasser. »
 




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