Monocoque Générali

10 août 2009

« Une étape complexe favorable à l'expérience... »

A l'heure de s'élancer dans la 3ème étape de la Solitaire du Figaro, celle que tous annoncent comme cruciale et décisive, Yann Eliès avoue sa hâte de retrouver les sensations de la compétition sur un parcours imaginé dans le respect de la tradition qui fait la réputation de cette épreuve en solo majeur. Long de 485 milles entre Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Dingle en Irlande, il intimera l'ordre de faire autant appel à ses réflexes de régatier qu'à son bon sens marin. Serein, le skipper de Generali - 2ème au classement général provisoire à 18 minutes du leader, le jeune Nicolas Lunven (CGPI) - mesure que ce troisième acte déroulera une intrigue au suspense haletant. Rebondissements garantis au regard des pièges et des embûches qui jalonnent la route au gré d'une météo, qui - pour bien corser l'affaire ! - promet d'ouvrir en grand le jeu aux options stratégiques. Ce qui n'est évidemment pas pour déplaire au skipper de Generali !

Saison Figaro 2009

Comment abordez-vous cette étape ?

« Le programme s’annonce plutôt sympa. J’apprécie ce genre d’étape qui fait toute la singularité de la Solitaire. A l’inverse de celle que nous avons disputée pour rallier la Vendée depuis la Corogne  : le jeu sera très ouvert à la stratégie et ne se résumera évidemment pas à une course de vitesse pure. Plusieurs passages très techniques ponctueront le parcours : le long des côtes et des cailloux au large de la pointe de Bretagne où il faudra composer avec les courants, et surtout le passage d’une dorsale anticyclonique (ndrl : zone sans vent) entre Penmarc’h et l’Irlande qui exigera beaucoup de précision dans le tracé de la trajectoire. Tous les ingrédients sont réunis pour une belle et vraie étape. Va y avoir du jeu, du sport : difficile de demander plus ! »
 
Et dans quel état d’esprit êtes-vous ?

« Je suis vraiment pressé d’y aller. Je suis en pleine forme, bien reposé, et plus du tout grippé ! Si je ressens un peu de pression, c’est celle de l’excitation à l’idée de retrouver les difficultés et les plaisirs d’une étape complète et complexe. Ce parcours entre la Vendée et l’Irlande fera appel à l’expérience. Sur les deux premières étapes -  hormis la course de Nicolas Lunven qui se distingue par sa régularité - c’est l’expérience, celle des « Vendée Globistes » comme on nous appelle, qui a payé (Yann et Jérémie Beyou ont tour à tour remporté les deux premières étapes, ndlr). Cette expérience sera une précieuse alliée et de savoir que je peux compter sur elle est un gage de sérénité, un atout certain, une source de motivation supplémentaire : elle  peut me permettre de faire la différence. »
 
Après deux étapes, les écarts restent infimes puisque les 14 premiers solitaires se tiennent en une heure. Allez-vous chercher à contrôler vos plus proches concurrents ?

« Certainement pas. Sur une étape comme celle-ci, favorable aux prises de risques, il est essentiel de faire sa course. La force de Nicolas Lunven réside jusqu’ici dans sa façon de naviguer : comme il l’entend et sans calculer sa route par rapport à celle des autres. Il y a tellement peu d’écarts que j’ai un peu le sentiment que la Solitaire commence maintenant et ce n’est pas le moment de se laisser influencer par les uns ou les autres… »




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