7 août 2009
Le verdict est tombé hier à l'issue du deuxième parcours de la Solitaire du Figaro. Arrivé 30ème à 45 minutes du vainqueur Jérémie Beyou, Yann Eliès, qui a rencontré son lot de difficultés, a pourtant le sourire. Il affiche une satisfaction légitime : celle que génère le soulagement d'avoir eu les ressources d'échapper au pire ! En dépit de cette étape longue de 365 milles qui a l'a mis à rude épreuve, le skipper de Generali tire en effet toujours profit de sa victoire dans les eaux galiciennes. Au terme d'arrivées aussi rythmées que serrées en Vendée, il pointe désormais en 2ème position au classement général provisoire, à 17 minutes de l'actuel leader, le jeune Nicolas Lunven, décidément toujours bien accroché aux avant-postes. Ce faible écart, alors qu'il reste les deux plus grosses étapes de cette 40è édition, laisse la porte grande ouverte à de nombreux rebondissements... Et aux plus beaux espoirs !

« Une étape que je vais m’efforcer de vite oublier… » À son arrivée à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Yann Eliès ne dissimule pas sa déception. Dur, dur ce parcours au départ de La Corogne qui - compte tenu des conditions météo stables et ingrates - a contraint les 52 solistes en lice à se mesurer en termes de vitesse pure au près sur un long bord de 300 milles pour aller virer la marque SN1 à l’embouchure de la Loire avant de redescendre vers l’île d’Yeu et la Vendée.
Faibles écarts sur la ligne
Monotone, pénible, laborieux… Les épithètes s’accumulent dans les sillages sur une étape fermée aux options stratégiques, qui a contraint les navigateurs solitaires à chercher le moindre dixième de nœuds supplémentaire pour se départager à l’arrivée. Résultat de cette course de vitesse : de très faibles écarts séparent les uns et les autres sur la ligne - celle de la délivrance pour beaucoup - dans les eaux vendéennes. À Saint-Gilles-Croix-de-Vie, où Jérémie Beyou (Bernard Paoli), Nicolas Lunven (CGPI) et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) se partagent le podium, les 37 premiers en ont tour à tour terminé en moins d’une heure. Au classement général à l’issue des 680 milles parcourus sur les 1706 au menu de cette édition, le top ten, où pointent une jolie clique de favoris, se tient désormais en 41 minutes. C’est dire si le jeu et le scénario restent ouverts. Le suspense perdure, et c’est bien là l’essentiel !
De son côté, le skipper de Generali avoue volontiers son plaisir d’en avoir finir avec cette étape peu propice à la réussite à bord de son monotype où le poids de la fatigue physique n’a pas manqué de s’inviter à bord : « Je suis parti de La Corogne un peu grippé et j’ai eu beaucoup de mal à lutter. Il fallait être dessus, comme le veut le jargon, mais la nuit je n’arrivais pas à aller dehors pour régler les écoutes. J’ai subi sur ce parcours que ce soit physiquement, stratégiquement ou encore moralement… Tout va de pair en général d’ailleurs ! J’ai vécu le scénario inverse de la première étape : c’était loin d’être le rêve, bien au contraire ! »
Piqué au vif…
Pourtant, Yann, piqué au vif et avec toute la combativité qu’on lui connaît, s’est bel et bien pris au jeu de la compétition ! Il ajoute : « J’ai vraiment eu peur, je me suis senti au fond du trou. Mais, ouf ! À présent, je suis surtout content d’avoir trouvé les ressources nécessaires dans la dernière journée pour limiter les écarts à défaut de remonter des places. Vu le déroulement de cette étape, c’était mon objectif. Je suis désormais 2ème au classement général provisoire avec de sérieux concurrents à mes trousses : c’est presque le scénario idéal. Je ne suis pas devant, mais bien placé en embuscade. L’histoire en Vendée se termine plutôt bien… Vivement la suite ! »
Dès lundi, la flotte s’élancera pour la 3ème étape : un morceau de 485 milles en direction de Dingle au sud-ouest de l’Irlande. De quoi rassasier la faim de réussite de Yann Eliès qui confirme à nouveau son statut de solide favori.