30 juillet 2009
A 13 heures précises, Yann Eliès a pris, aux avant-postes, le départ, au large de Lorient, de la première étape de la 40è Solitaire du Figaro. Le skipper de Generali mène la flotte au passage des Birvideaux sur la route de La Corogne dans un vent d'ouest d'une dizaine de noeuds, qui devrait mollir dans les prochaines heures...

Ému de re-goûter enfin aux saveurs si singulières que procure la Solitaire du Figaro, cette épreuve sur laquelle il a forgé son talent et nourri sa combativité. Impatient de vivre l’intensité d’un grand départ, celui de la première étape entre Lorient et La Corogne qui inaugure le parcours de cette 40è édition, et surtout le plaisir immense d’être en mer. Sur l’eau et sous un soleil radieux, Yann Eliès ne fait pas mystère de la joie de retrouver ses réflexes de régatier à la barre de son monotype pour faire, dès les premiers milles entre Lorient et l’île de Groix, son lot d’étincelles. Il démontre ainsi de la plus belle manière que cette édition anniversaire, celle de tous les superlatifs au regard du plateau réuni, doit être celle de ses plus belles promesses. Si l a route est encore longue et le chemin jalonné de pièges et d’embûches sur les quatre étapes qui composent le parcours (1706 milles), le skipper de Generali ne l’a pas moins entamé avec panache, bien installé aux commandes de la flotte, au portant le spi hissé haut, aux portes du golfe de Gascogne !
« Vivement le départ ! »
Au moment de larguer les amarres pour rejoindre la zone de départ, Yann Eliès ne dissimule pas les sentiments qui l’envahissent et lui donnent des fourmis dans ses pieds de marin depuis qu’il s’est engagé dans un long et tortueux programme de rééducation pour retrouver la totalité de ses moyens suite à son grave accident sur le Vendée Globe. Son énorme envie de Solitaire l’emporte. Elle éclabousse aussi le public venu le saluer sur les pontons de la base des sous-marins de Lorient : « J’ai hâte d’y aller, de naviguer. Vivement le coup de canon ! » crie-t-il haut et fort quant il met les voiles et attrape enfin la barre de son monotype.
2è à Groix, 1er aux Birvideaux
Il ne pouvait pas mieux dire. Dans un flux d’ouest de 10 nœuds et une mer agitée par une légère houle résiduelle, le skipper de Generali prend un superbe départ. D’emblée, il attrape du vent frais dans ses voiles pour trouver la vitesse et se dégager. Au près, il choisit d’aller jouer à la côte en passant devant l’entrée de la mer de Gâvres et Larmor-Plage, tandis que le gros des troupes, où ferraillent de nombreux favoris, privilégie le large entre le continent et Groix. Bien vu ! Au nord-ouest de l’île, mouillée 7 milles plus loin, il enroule la bouée Radio France en deuxième position, bien calé dans le tableau arrière du Jean-Paul Mouren (M@rseille Entreprises), le doyen de la flotte, qui compte, tout comme Yann, parmi les plus fidèles animateurs et les plus attachantes figures de la course.
Le skipper de Generali est lui-même suivi de Corentin Douguet (Leclerc Mobile) et Laurent Pellecuer (Arnolfini.fr). Bien dans le tempo, Yann peut se féliciter d’avoir laissé déjà de nombreux coriaces adversaires dans son sillage. La nuit s’annonce longue alors que le vent promet de répondre aux abonnés absents et de laisser la flotte des 52 solitaires se débattre dans les petits airs. Rien n’est joué et tout reste à faire. Mais qu’importe, l’ivresse du plaisir l’emporte à bord de Generali, c’est bien là l’essentiel. Et Yann, le plaisir de naviguer, cela lui donne des ailes. Ce départ, il voulait que ce soit une fête : il l’a pris en tête !