23 juillet 2009
Il est de retour, et de quelle manière ! Yann Eliès revient sur la 40è Solitaire du Figaro, l'épreuve majeure du circuit sur lequel il a forgé son talent, dont le départ sera donné dans une semaine au large de Lorient. Difficile d'oublier que le skipper de Generali, concurrent malheureux du Vendée Globe, a connu le pire quand il s'est, au mois de décembre dernier, grièvement blessé en plein milieu de l'océan Indien. Mais c'était sans compter avec sa combativité, sa détermination et sa passion pour la navigation de compétition. Après de longs mois de rééducation, Yann a bien retrouvé la barre de son monotype et mis le cap de ses objectifs sur une participation à cette édition anniversaire. Mais bien mieux encore : il a d'ores et déjà accroch&ea cute; deux victoires sur des courses de préparation. Un retour en force et en fanfare qui prouve, si besoin est, qu'il est animé d'une redoutable rage de vaincre et que Yann Eliès n'a jamais été dans un tel état d'esprit : celui qui peut le mener au succès ultime qu'il a si souvent frôlé sur cette course au plus haut niveau...

Quelles sont vos motivations pour revenir sur La Solitaire du Figaro ?
« L’envie de re-goûter à la régate au contact, à une forme de navigation un peu plus sprint… et surtout de re-naviguer tout court ! À l’hôpital en Australie, j’ai vite senti que de me focaliser sur cette 40ème édition constituerait un bon moteur pour avancer et me redonner les moyens de retrouver les chemins de la compétition. La rééducation a été mon mode de préparation et j’ai eu la chance de pouvoir compter, avec Erwan Steff et Philippe Laot, sur une équipe fidèle et soudée derrière moi. Ils m’ont permis de complètement me concentrer sur mon objectif et aujourd’hui, je suis sans doute le plus heureux des skippers présents sur les rangs ! »
Deux courses, la Solo-PortsdeFrance et la Transmanche, deux victoires : comment l’expliquez-vous ?
« Je suis porté par la joie d’être en mer et de refaire mon métier de skipper. J’ai un plaisir immense et cela joue sur le moral. Pour le reste, le Figaro, c’est comme le vélo, cela ne s’oublie pas. Au tout début, j’en ai un peu bavé pour retrouver tous mes automatismes et enchaîner les manœuvres, mais je suis moi-même assez étonné par les progrès que j’ai encore faits récemment pour me déplacer sur le bateau. Pour le reste, je me suis repris très vite au jeu de la compétition : chassez le naturel et il revient au galop ! »
Cette 40è édition réunit un plateau en or. Avez-vous des appréhensions particulières face au niveau de la concurrence ?
« Pas vraiment, ce ne sera pas facile, ça c’est sûr : tout le gratin est bien réuni à Lorient. Mais c’est ça qui est drôle et c’est ce que je viens chercher sur cette course. J’ai cette force de ne pas avoir la pression. Le plus grand danger que je cours, c’est d’ailleurs de me remettre cette pression et que j’oublie moi-même qu’il n’y a pas si longtemps j’avais encore le statut de solitaire handicapé ! Au-delà, je ne sais pas du tout comment, au niveau de la fatigue physique, je vais pouvoir enchaîner les étapes. C’est ma plus grosse inconnue et il va falloir que je veille à ne pas me mettre trop vite et trop souvent dans le rouge. Mais le Vendée Globe a cet avantage d’apporter du recul dans la gestion de soi. On verra bien… »
Et vos objectifs ?
« Retrouver le plaisir de naviguer au meilleur niveau tout au long des quatre étapes. »