Monocoque Générali

9 janvier 2009

La longue route de Yann Eliès

Yann Eliès est entré en hiver. Depuis le 31 décembre dernier et son admission dans un Centre de Rééducation et de Réadaptation Fonctionnelles, le marin de Generali entame un travail intense de reconstruction qu'il sait long, douloureux, semé d'incertitudes et de doutes, vers la récupération totale de ses moyens physiques.

Yann Elies au Centre de Rééducation et de Réadaptation Fonctionnelles

Grièvement blessé le jeudi 18 décembre dernier alors qu'il manoeuvrait à l'avant de son grand monocoque Generali, quelque part à plus de 800 milles dans le Sud de l'Australie, Yann a depuis tout connu de la douleur et de la détresse. L'enchaînement rapide des secours, puis des soins et enfin des opérations de rapatriement l'ont ramené vers sa chère Bretagne natale d'où il contemple à nouveau les flots, source immuable de force et d'inspiration pour lui. La petite flamme qui danse dans le regard bleu du breton est celle d'une farouche volonté de traverser le long tunnel de la rééducation avec patience et efficacité. Car de l'autre côté brûle déjà l'envie de repartir vers de nouveaux projets.
 
Face aux Sept Îles
"C'est un bel endroit, face aux Sept îles, avec de grandes lumières et la mer..." Yann Eliès a posé son sac sur un drôle de vaisseau. "C'est un endroit que j'aime, et qui me rappelle beaucoup de bons souvenirs, de victoires en Figaro notamment..." La tête, en aurait-on douté, est toujours pleine d'images de mer, de courses et de bateaux. Le corps est désormais aux mains des spécialistes attelés à le reconstruire. Patiemment. Impitoyablement. "Je n'ai pas le temps de gamberger" s'amuse Eliès, "car le régime ici est draconien." Jugez plutôt :
- 7 heures : réveil, levé, premier contact avec les soignants
- 8 heures ; petit déjeuner, douche.
- 8 heures 30 ; soins, pansements.
- 9 heures : piscine. Yann ne joue pas les Alain Bernard. L'objectif consiste ni plus ni moins qu'à réapprendre à marcher sans prendre appui sur son fémur gauche blessé, dans l'apesanteur du milieu aquatique.
- 11 heures 30 : salle de marche ; poursuite des exercices
- 12 heures : kiné ; travail sur la mobilité et la flexibilité de son genou, afin de lui redonner de l'amplitude.
- 13 heures : déjeuner, et longue pose de poches de glaces sur les hématomes toujours présents.
 
Le tout, qu'on ne s'y trompe pas, dans la douleur et sous calmant, car son bassin et ses côtes fracturés le font toujours terriblement souffrir.
 
L'après-midi, consacré au repos, voit aussi réapparaître ordinateur et connection internet. Yann Eliès le marin est aussi le chef de sa petite entreprise de course au large. Le travail avec son partenaire Generali et son bras droit et ami Erwan Steff continue.
Moteur de toute cette débauche d'énergie, la motivation brute du Breton. "L'objectif, c'est de remonter sur un bateau!" Eliès accepte froidement son destin et le corollaire de doutes qui l'accompagne. "Il y aura des hauts et des bas, j'en suis conscient. Mais en remontant sur un bateau, j'exorciserai le passé et saurai renouer avec la compétition."




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