29 décembre 2008
Depuis son opération le 23 décembre dernier au Royal Hospital de Perth, Yann Eliès attendait avec impatience son rapatriement en France. Ce sera chose faite mercredi 31 décembre prochain, date à laquelle le navigateur briochin arrivera à Roissy. Peu après son arrivée sur le sol français, Yann embarquera sur un autre vol Europ Assistance, vers sa Bretagne natale et le centre de rééducation au sein duquel il pourra débuter rapidement sa convalescence et la rééducation qui l'attend.

Pendant que les équipes médicales s’affairaient autour de Yann pour lui prodiguer les soins consécutifs à son accident, une autre course contre la montre s’opérait pour tenter de récupérer le monocoque Generali laissé en mer suite au sauvetage de son skipper. Une conjonction de faits va rendre impossible la récupération du bateau qui va disparaître dans les 40e rugissants d’un océan Indien déchaîné…
Enchaînement de circonstances adverses
D’abord, deux navigateurs, Philippe Pesché et Kiny Parade, résidents à Perth sont contactés par la direction de course du Vendée Globe pour aller récupérer le monocoque Generali dès le sauvetage de Yann. Ils sont prêts à rejoindre la Frégate Arunta. Mais il est hélas impossible pour des civils d’embarquer dans une telle opération militaire.
Instantanément Generali dépêche deux navigateurs, Philippe Laot, directeur technique de l’équipe de Yann, et Jean-Baptiste Epron, équipier de Generali, pour se rendre en Australie et affréter un bateau permettant de partir à la recherche du monocoque Generali. Ils arriveront sur place le samedi où le sauvetage de Yann s’opère. Lors de ce sauvetage, l’abordage du monocoque Generali par le canot de la frégate Arunta est difficile dans une mer très formée. Le bateau est poinçonné sur son flanc tribord sous la ligne de flottaison… Marc Guillemot le signale lors de la vacation.
Pendant ce temps à terre, Philippe Laot et Jean-Baptiste Epron trouvent un bateau de pêche permettant de rallier la zone. Mais hélas, pendant le week-end, impossible d’avoir les autorisations administratives qui vont lui permettre d’appareiller pour cette mission qui diffère de son activité habituelle.
Mardi, la direction de course du Vendée Globe informe Generali que la balise de positionnement du bateau a cessé d’émettre et que la balise de détresse s’est déclenchée, ce qui indique que le monocoque s’est sans doute couché dans une vague et se trouve entre deux eaux. Generali informe alors l’assureur du bateau, une compagnie anglaise spécialisée dans les risques liés aux courses à la voile, afin d’accélérer les recherches.
Le temps d’obtenir les autorisations nécessaires de l’expert désigné par l’assureur pour partir à la recherche du monocoque, la météo va se mettre de la partie retardant les opérations aux vues des conditions de vent et de mer très mauvaises sur la zone (vents violents et creux de 7 à 8 mètres).
Après avoir appareillé mercredi dernier et alors qu’ils sont en mer depuis deux jours, l’équipage du bateau affrété, à qui Philippe Laot et Jean-baptiste Epron ont prêté main forte, doit renoncer à poursuivre sa route : la balise de détresse du monocoque a cessé d’émettre, signifiant qu’il est désormais impossible de retrouver le voilier, disparu en mer. De plus, une tempête annoncée sur zone ne permet pas de continuer la recherche dans des conditions minimum de sécurité pour l’équipage.
Premier accident en 34 ans de sponsoring voile
Tout a été mis en œuvre pour tenter de récupérer le monocoque. La course contre la montre couronnée de succès pour le sauvetage de Yann ne l’a pas été pour la récupération du bateau. Même si ce voilier était chargé d’affect pour toute l’équipe qui a travaillé depuis 3 ans autour de sa construction et de sa préparation pour le Vendée Globe, pour Generali, l’essentiel est sauf : son navigateur.
En 34 ans de sponsoring voile, c’est la première fois qu’un accident touche un skipper du groupe et son bateau. Marie-Christine Lanne, Directeur de la communication de Generali France souligne : « Tout cela résulte d’un malheureux accident. Ni la compétence de Yann, ni la performance du monocoque Generali ne sont en cause. Yann a été irréprochable dans ce Vendée Globe. Il a fait une brillante première partie de course, prenant même la tête de la flotte pendant une journée. Il avait levé le pied pour ne pas suivre le rythme devenu quelque peu déraisonnable aux avant-postes, au moment où l’océan Indien a interrompu sa course…Il avait pris la précaution de mettre son harnais de sécurité pour effectuer sa réparation, ce qui lui a sauvé la vie. Pour nous, l’essentiel est que Yann ait pu être sauvé grâce à la mobilisation générale de la direction de la course du Vendée Globe qui a pris toutes les initiatives nécessaires avec les autorités australiennes et du team Generali que je tiens, au nom du Groupe, une nouvelle fois à remercier».