Monocoque Générali

20 novembre 2008

Heureux qui comme Yann débute un beau tour du monde...

Sixième à moins de 50 milles de la tête de flotte, Yann Eliès garde le bon tempo à l'heure d'entrer dans la zone de convergence intertropicale. Confiant, serein, le skipper de Generali, bizuth du Vendée Globe, ne boude évidemment pas son plaisir. Heureux en mer, il revient sur ce début de tour du monde en solitaire. Il envisage aussi la suite, qui l'attend au-delà de l'équateur après une régate aux avant-postes d'une belle intensité au gré des grains et des orages du fameux pot au noir...

Yann Eliès - Generali

Comment se passe votre navigation dans ce fameux pot au noir ?
« Cela fait deux jours qu’on en parle et qu’il m’occupe bien la tête : je me languis de m’y mesurer et j’y arrive enfin ! J’ai déjà eu une petite panne d’alizé hier. Cette zone de convergence  entre les vents du nord et ceux du sud reste très difficile à appréhender. Elle n’est jamais disposée de la même façon même si a priori elle est plus large et plus épaisse du côté de l’Afrique. On sait qu’on risque d’y essuyer beaucoup d’orages et d’y rencontrer aussi des vents très faibles. Je joue donc au chat et à la souris avec ce pot au noir… On verra bien ! Là, à mon vent, je vois deux trois spécimens de jolis nuages. Je les scrute, ils m’annoncent peut-être le début des violents grains qui nous obligent à rester sur le qui-vive pour ne pas casser du matériel dans les variations brutales de la force du vent. Si tout va bien, je devrais en être sorti demain dans la matinée…  »

Quelles conditions rencontrez-vous actuellement ?
« J’ai un vent d’est un peu mou et il fait une chaleur intense. Nous sommes proches de l’équateur et cela se caractérise aussi par une moiteur extrême à l’intérieur et à l’extérieur du bateau. Pour tout vous avouer, je suis en caleçon, j’ai un chapeau et j’ai mis une bonne couche de crème solaire. Heureusement, nous avons quitté le monde des dépressions automnales il y a dix jours : le corps a le temps de s’habituer à ce type de changement  climatique assez radical ! »

Vous semblez satisfait de votre début  de course…
« C’est vrai. Je vais pouvoir tenir mon objectif  d’arriver dans l’hémisphère sud avec moins de 100 milles de retard. Je suis dans le bon wagon.  Après la tempête qui nous a cueillis dans le golfe de Gascogne, j’ai été un peu refroidi. Mais, j’ai vite remis du charbon et surtout j’ai repris confiance en moi. Je m’éclate vraiment à bord de Generali, je suis très heureux de disputer cette course. J’y trouve un réel plaisir et je me sens en bonnes dispositions pour aborder la suite du parcours même si je ne perds pas de vue que je vais encore vivre des moments difficiles… »

D’autant que vous pouvez envisager ce pot au noir comme un nouveau départ…
« Nous avons eu un début de course super excitant, passionnant à vivre en tant que marin. Dans le groupe de tête, les écarts restent assez serrés. Cette phase se caractérise par l’intensité de la compétition : même si nous nous ne voyons pas beaucoup, nous sommes très proches les uns des autres et la flotte se regroupe de plus en plus. Effectivement, tout porte à croire que la latitude 0, cette ligne aussi imaginaire que symbolique, nous offrira une belle ligne de départ. Le coup d’envoi pourrait être donné avec le passage du premier dès demain en fin de journée. Place ensuite à la grande descente de l’Atlantique sud : au près dans les alizés du sud-est ! »




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