18 novembre 2008
C'est toujours bon pour le moral ! Comme le veut l'adage, tout ce qui est pris n'est plus à prendre et Yann Eliès, qui a cette nuit réduit de moitié le retard accumulé sur la tête de flotte, a ce mardi matin toutes les raisons d'être satisfait et d'avoir le sourire. Les affaires reprennent aux abords du pot au noir...

Comme prévu, à mesure que la flotte dévale les latitudes et se rapproche du pot au noir, les écarts au sein de la flotte de ce 6è Vendée Globe se resserrent. Toujours bien présent dans le petit groupe lancé aux trousses du trio d’éclaireurs - Le Cam/Peyron/ Josse - Yann Eliès a repris des milles dans la nuit. Mieux, il commence à tirer profit de son positionnement dans le groupe de l’ouest, qui a d’ores et déjà contraint les leaders à multiplier les manœuvres et les empannages pour se caler sur sa route. En bonne compagnie aux côtés des Dick/Riou/Le Cléac’h et autre Golding, le skipper de Generali progresse désormais, dans ces rangs serrés à 60 milles de la tête de flotte, emmenée ce matin par Loïck Peyron…
Du nouveau au 9è jour…
Trois bateaux devant et un joli lot de coriaces poursuivants, qui ne baisse certainement pas la garde : les protagonistes sont nombreux et tout semble laisser présager de nouveaux rebondissements à l’aube de ce 9è jour de course qui s’annonce dense et intense aux abords de la zone de convergence intertropicale. La compression des écarts en latitude comme en longitude, avec les leaders en est le premier signe. A mesure que les étraves se rapprochent des eaux troubles qui précèdent le passage de l’équateur, la course redouble d’intensité. Redoutées pour ses calmes, craintes pour leur imprévisibilité, ces eaux – celles de tous les dangers - génèrent des tempêtes sous les crânes des solitaires, sommés de se positionner dans l’objectif de claquer à la bonne porte du pot : là où il est moins étendu et propice à une traversée la moins périlleuse possible ; contraints également de réveiller leurs réflexes de régatiers et de naviguer au regard de la flotte.
Petits écarts, grands espoirs
Le triumvirat de tête a connu un mouvement de scission hier en début de soirée. Les skippers de Gitana Eighty et de BT ont incliné leur trajectoire vers l’ouest, tandis que celui de VM Matériaux n’a pas hésité à répondre en adoptant une position plus tranchée sur une route à tonalité orientale. Peyron et Josse ont manifestement mis le clignotant avec la ferme intention de ne pas se laisser dépasser par le groupe de Yann, dont tous les acteurs ont depuis longtemps misé sur cette partie du vaste plan d’eau. Dans ces quartiers ouest, le skipper de Generali a tiré profit de sa position. Toujours au 8è rang, il ne lâche pas les trousses de Mike Golding qui n’affiche plus qu’un tout petit mille d’avance au classement de 5h : une toute petite goutte d’eau à l’échelle de tous les océans du monde ! Il maintient par ailleurs de petites distances avec ses plus proches compères : Vincent Riou, Armel Le Cléac’h et Jean-Pierre Dick. Il creuse enfin face à Roland Jourdain. Comme quoi tous les indicateurs sont désormais au vert à bord de Generali en approche de ce pot qui promet son lot de chamboulements. Tous les espoirs sont aujourd’hui permis…