17 novembre 2008
Beau temps, belle mer à bord de Generali. En ce début de 2è semaine de mer, Yann Eliès a la voix des bons jours, preuve si besoin est qu'il reste dans le bon tempo et rentre à chaque nouveau mille parcouru dans le rythme au long cours d'une régate planétaire. Content de sa position à l'ouest, conscient du retard accumulé sur la tête de flotte, Yann ne lâche rien et attend son heure pour reprendre du terrain en plein pot. Il progresse ce soir en 8è position, à 110 milles de Loïck Peyron...

Le Cap Vert est désormais dans le tableau arrière de Generali. Le plan Finot-Conq, toujours à la lutte avec son bateau jumeau Brit Air, qui le précède d’une petite dizaine de milles, cherche son salut sur une trajectoire résolument occidentale. Son capitaine envisage en effet le long terme, il trace son sillon au regard du passage à venir du pot au noir. Rallonger la route pour se frayer un chemin là où la zone de convergence intertropicale est supposée être la moins dense et la plus facile à traverser : telle est la stratégie de Yann qui mise visiblement plusieurs coups d’avance.
« Idéalement positionné »
Il confie d’ailleurs cogiter son atterrissage sur ce passage à haut risque depuis Madère : « Je me suis fait un peu distancé par les premiers, mais je ne suis pas loin de mon objectif, celui des 100 milles de retard. J’ai perdu un peu de terrain sur cette route ouest quand l’anticyclone s’est mis à gonfler lors des derniers jours, mais à présent je suis idéalement positionné pour passer le pot et j’ai plutôt bien négocié l’archipel du Cap Vert. Je n’ai pas subi de dévent, je n’ai pas perdu plus de temps : c’était important de ne pas rester encalminé dans le truc… »
Confiant, optimiste Yann espère recoller dans les eaux troubles du pot au noir, réputé pour ses entourloupes et pour réduire à peau de chagrin des précieux milles glanés ici ou là. A bord de son Generali toujours au mieux de sa forme, il ne s’inquiète sans doute pas du retour de Mike Golding (Ecover), qui a tracé son sillon au milieu de l’archipel du Cap Vert et qui pointe désormais en 7è position. Yann maintient en effet les écarts avec ses plus proches concurrents qui progressent sur la même route occidentale : Armel le Cléac’h, Jean-Pierre Dick et Vincent Riou.
Cuisine locale
Pour ne rien gâcher, Yann profite aussi à plein de sa descente océanique pour goûter aux plaisirs gustatifs de la mer. Ce matin, il a pêché - ou plutôt attrapé au vol dans le cockpit de Generali - deux poissons volants. Il les a aussitôt écaillés et vidés en vue du repas de midi. Un peu d’huile pour les faire revenir et voilà de quoi se régaler d’une cuisine très couleur locale entre les îles du Cap Vert et le pot au noir. Il nous en dira des nouvelles !