Monocoque Générali

 

5 novembre 2008

Yann Eliès : « Une très forte envie de marin à réaliser... »

À 34 ans, Yann Eliès s'apprête à disputer son premier Vendée Globe. Navigateur solitaire déjà bien affûté, le skipper de Generali peut compter sur sa double expérience de figariste et de tourdumondiste pour tirer son sillage du jeu sur la route des trois caps. Porté par une motivation sincère, il compte parmi les plus solides outsiders de cette grande aventure planétaire agrémentée du sel de la compétition. Entouré de son équipe, il nous livre ses impressions à J-4 du coup de canon...

Point presse du 5 novembre

Mon départ, mon arrivée
« Je crois que la véritable première, ce sera l’arrivée. Cette phase d’avant départ, c’est plutôt la période des dernières fois : la dernière fois que tu quittes la maison, que tu embrasses les enfants. Cette période favorise les pincements au cœur, mais l’idée est d’évacuer et de ne pas trop y penser justement ! J’ai hâte d’y aller et ce sera sans nul doute une vraie délivrance le soir du 9 novembre quand le dernier bateau accompagnateur sera derrière moi. Je serai au pied de la montagne, avec mon sac à dos et mon piolet : il n’y aura plus qu’à grimper. La pente est rude, la montagne est haute, mais j’ai confiance en mes capacités pour faire ce grand tour. Je me vois bien à l’arrivée même si je ne sais pas à quelle place ou sur quelle marche du podium… »

Mon scénario, ma stratégie
« Selon mon scénario, je me vois monter dans le bateau et m’enfermer dans ma bulle pour faire ma course à mon rythme et vivre l’aventure en fonction de mon vécu. Je reste très marqué par mes deux Trophée Jules Verne aux côtés de Bruno Peyron, qui ont, à chaque fois, bien fonctionné. J’espère trouver le bon compromis et naviguer en harmonie avec moi-même, au maximum du niveau d’exigence que l’on peut demander au matériel. Je me fixe cet objectif pour la première semaine de course et je verrai bien ensuite s’il faut que je sorte de ma bulle… »

Mon bateau
« Generali est performant, c’est un plan Finot-Conq, c’est donc un bateau de portant que j’ai souhaité aussi véloce au près. C’est un bateau pour faire, non  pas des transats, mais bien le tour du monde en solitaire. Il est fiable et nous a déjà permis de passer à travers les gouttes de la casse. Je sais qu’il ne va pas me lâcher ... Au-delà, si pour les nouveaux bateaux, nous sommes partis avec des choix différents, il faut bien reconnaître que nous sommes arrivés au même point. Nous avons des superbes machines qui ont sensiblement le même potentiel. C’est la gestion de chacun, de son propre matériel sur la durée de la course qui fera la différence. »

Mes envies…
« Faire du 60 pieds IMOCA, cela répond à une certaine logique : quand on a fait beaucoup de Figaro, on aspire à poursuivre en solitaire sur de telles machines. Mais disputer un Vendée Globe, cela répond une à une envie de marin : celle d’aller voir ce qu’il y a derrière le trait de l’horizon. J’ai aujourd’hui la conviction que tout va bien se passer. Il y aura peut-être quelques frissons et quelques larmes dans le chenal et à l’heure de quitter mes deux petites bestioles  (Yann montre ses enfants, Marie et Titouan), mais ce départ c’est aussi une délivrance, une étape au même titre que le passage du cap Horn dans ce projet de longue haleine. Je suis aussi serein qu’impatient :  je vais vers ce que j’ai envie de réaliser depuis trois ans… »




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