Monocoque Générali

 

24 mai 2008

Risque de démâtage sur Generali

Troisième du classement général de la Transat Anglaise, Yann Eliès navigue depuis hier soir au ralenti. La raison de sa trajectoire erratique et de ses faibles vitesses vient de nous être révélée : la troisième barre de flèche du voilier, la plus haute côté tribord, c'est à dire au vent, menace de se désolidariser du mât. Si une telle mésaventure advenait, c'est le mât entier qui risquerait de tomber.

Images inboard reçues de Generali

En mode convoyage...
Yann, à l'occasion d'une inspection de routine à la tombée de la nuit dernière,  a constaté  l'angle curieux présenté par cette barre de flèche. Une observation plus précise lui a révélé que la fixation de la barre de flèche sur le mât était en train de céder. Yann a alors réagi très vite et avec le sang froid d'un marin d'expérience, prenant un,  puis deux ris dans la grand voile, soulageant les ballasts et s'écartant du lit du vent.
Inquiet, il a même durant quelques heures, viré de bord afin de présenter au vent toujours soutenu de la nuit dernière, 15 à 20 noeuds, son flanc bâbord et soulager ainsi les efforts sur l'espar endommagé.
Au petit matin, et à la faveur d'un sérieux ralentissement du vent, il a repris une route directe vers Boston, à petite allure, 5 à 6 noeuds, sous deux ris et solent. "Je suis désormais en mode "convoyage" avoue-t-il visiblement tendu "Je n'ai qu'une idée en tête, rallier Boston avec le mât sur le pont. J'ai passé une drisse en tête de mât de façon à le retenir en cas de chute." La bonne nouvelle du jour est bien entendu constituée par les conditions clémentes qui baignent les abords de la capitale du Massachusett. " Le vent va adonner davantage encore, en mollissant. Je m'attends à naviguer au ralenti cette nuit devant Boston, et si tout va bien, je ferai mon passage de ligne demain matin..."

A 85 milles de l'arrivée
Yann était cet après-midi à 15 heures françaises situé à 85 milles de l'arrivée, par 42' 34 degrés de latitude Nord et 69' 01 Ouest. Il progressait à environ 6 noeuds sur une mer assagie. "Je suis allé à l'avant, j'ai parlé à mon bateau gentiment et j'ai prié pour que le mât tienne... Au plus fort du stress, le Briochin conserve son sens de l'humour. Privé de sommeil, il est tout entier à l'écoute de son Generali. Son deuxième pilote automatique ayant, s'en est presque anecdotique, également lâché, c'est en marin naviguant "à l'ancienne" qu'Eliès, il en est convaincu, va franchir la ligne d'arrivée demain matin... En marin aguerri Yann a contacté son équipe technique à terre qui met tout en oeuvre, depuis Boston, pour assister Yann dans son diagnostic et envisager les éventuelles réparations.

Prochaine info demain matin...




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