Monocoque Générali

 

22 mai 2008

Boston droit de vent

Auteur d'une superbe journée hier avec 376 milles parcourus à 15,66 noeuds de moyenne, Yann Eliès, tout en faisant la preuve des remarquables capacités de son Generali dans la brise, montre aussi qu'il est toujours bien en course et qu'il n'a pas renoncé à exploiter toute opportunité que les hasards de la course au large mettrait sur son chemin. Loïck Peyron a, tôt ce matin rajouté un atout supplémentaire dans sa manche en effectuant un joli décalage d'environ 70 milles dans le sud. Il aborde la dernière ligne droite et la dernière journée de cette transat pleine de rebondissements (3 leaders contraints à l'abandon !) avec un virement de bord stratégique d'avance sur ses deux poursuivants désormais bien alignés sur la latitude de Boston.

30-04-08 : Reportage photo au large du Finistère


En ce début de douzième jour de course, Yann Eliès semble jeter toutes ses forces dans la bataille. Il a exploité au mieux le fort coup de vent d'hier et réduit son déficit d'une trentaine de milles sur ses deux prédécesseurs. S'il ne tire aucun plan sur la comète Américaine, le skipper Briochin joue crânement son rôle de challenger. La dernière journée de course, avec ses facteurs imprévisibles liés à la fatigue physique, au fort trafic maritime, aux vents faibles et instables qui baignent la côte américaine, et ces brouillards persistants nés du contraste thermique entre le continent Nord américain et le courant du Labrador, la Solitaire du Figaro.

Concentré jusqu'au bout...
Grand spécialiste du genre, Eliès sait mieux que quiconque qu'il convient jusqu'aux dernières encablures de rester concentré. Les trois voiliers de tête entrent au pays des brumes persistantes nées du contraste thermique entre le continent américain et le courant froid du Labrador. Quelles seront les stratégies de ses devanciers, l'attaque ou la réserve ? Un marquage impitoyable du leader sur son dauphin peut-il encore favoriser le retour d'Eliès ? Il faudrait à l'évidence un extraordinaire concours météorologique pour qu'un tel scénario devienne réalité, mais, et c'est tout le mérite d'un navigateur solitaire, Yann Eliès va vivre ces dernières heures de course avec l'intensité d'un sprinter, concentré sur la marche de son bateau et sur son placement, afin, quoi qu'il arrive, d'entrer dans Boston fier de son bateau, merveilleusement mis au point par son équipe, et avec la satisfaction d'avoir composer au mieux avec les conditions qui lui étaient offertes.




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