Monocoque Générali

26 juillet 2010

Le Havre-Gijon : Menu copieux pour solide appétit

Confortablement installé au Havre, attentif à l'évolution de ses derniers fichiers météo, Yann Eliès affiche à l'entame de sa 12ème participation à la Solitaire du Figaro un féroce appétit. Cela tombe bien, le menu de cette 41ème édition s'annonce particulièrement étoffé, avec en garniture des difficultés concomitantes à l'exercice de la monotypie en solitaire, quelques amuse-gueules estampillés "Baie de Seine", qui devraient donner une saveur corsée à cette grande classique de la course au large dès les premiers bords de la première étape. S'il sait désormais à 36 ans et fort de multiples expériences nautiques, gérer au mieux le stress positif qui l'envahit doucement à l'approche de l'Heure H, le skipper Briochin de Generali - Europ Assistance reconnait que les 515 milles qui séparent Le Havre de Gijon seront à n'en pas douter bien dans l'esprit de la course au large qu'il affectionne ; "Se faire mal en s'amusant !".

Saison Figaro 2009


La Solitaire du Figaro ! Graal des coureurs au large en solitaire, à armes égales, sur des parcours aux multiples facettes, et qui pousse chaque année ses postulants dans leur dernier retranchement physiques et moraux. Des jours et des nuits interminables à gérer une machine et un homme aux forces vacillantes, un esprit en constante ébullition qui louvoie entre supputations, anticipations et divinations. Yann Eliès a donné. Il connait. Chaque édition lui apporte, à lui et à 44 adversaires tous, selon ses propres dires, aussi redoutables que redoutés, ses spécificités géographiques et techniques. Place cette année pour le début des débats, à la Normandie, sa Baie de Seine peu ventée en ce milieu d'été, et cette presqu'île du Cotentin de tous les excès maritimes, doigt accusateur pointé vers l'Angleterre et que la Manche irrite, érode et bouscule de la force de ses courants trop souvent contraires à la marche des navigateurs. Le skipper de Generali - Europ Assistance aime. Il connait, un peu. S'y est préparé, beaucoup. Il devra cependant dès demain ajouter un ingrédient inattendu et augure de peu souhaitables mésaventures : les algues ! "Elles prolifèrent dans la chaleur de l'été et sous le brassage des derniers coups de vent" explique Yann. "J'en ai vues beaucoup lors du convoyage vers Le Havre. C'est la plaie du navigateur, qui doit multiplier sa vigilance de jour pour en éviter les gros paquets où un Figaro Bénéteau 2 a tôt fait de s'arrêter, et prier la nuit pour que sa quille ne vienne "chaluter" ces hectogrammes de plantes collantes qui freinent toute embarcation." Yann Eliès a ainsi préparé sa "panoplie du parfait pêcheur d'algues"

Départ donc demain mardi à partir 15 heures avec un vent annoncé faible et capricieux. De quoi mettre dès la première journée les nerfs des navigateurs à rude épreuve. Yann Eliès, aborde l'épreuve avec un bel appétit. Nul menu ne lui parait ce soir trop copieux.

Il a dit :
"Je ne pars plus dans l'inconnu ; je sais parfaitement ce qui m'attend. En Figaro, en solitaire, avec la fatigue qui très vite prélève son écot de lucidité, on passe par toutes les couleurs des états d'âme. J'ai beaucoup de plaisirs à prendre ce départ. Je me sens détendu, un peu trop peut-être (Rires). Je sais que la pression va monter avec les derniers briefings. Au fond de moi, la pression du résultat est présente. Je me suis moi-même fixé des objectifs ambitieux. J'aime le challenge. Le plateau est terriblement relevé. Je n'ai peur de personne, et je respecte tout le monde..."




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