Monocoque Générali

12 mai 2010

Yann Elies : « On a cherché l'ouverture, mais tout était cadenassé »

A l'heure d'arriver à Saint-Barth, il est temps de faire le bilan de cette Transat AG2R, qui se conclut à une 19ème place, en fort décalage avec les intentions des deux navigateurs à bord de Generali Europ Assistance. Pas d'amertume cependant, Yann et Jérémie assument les risques qu'ils ont pris pour cette deuxième étape et sont d'ores et déjà projetés sur la prochaine Solitaire du Figaro où ils comptent bien faire parler la poudre.

Yann Eliès et Jérémie Beyou sur Generali Europ Assistance


Finalement, cette transat s’est jouée au large du Portugal. Sur une option tactique au large de Lisbonne, les décalages qui se sont produits n’ont jamais pu être comblés. Du groupe des cinq premiers, seuls Kito de Pavant et Sébastien Audigane n’ont pu jouer pour la gagne suite à leur avarie. Mais si l’on considère l’écart entre les quatre premiers et leurs poursuivants, on ne peut que constater que les distances sont restées les mêmes, voire ont légèrement augmenté. Dans ces conditions Yann et Jérémie avaient décidé ensemble que seule la victoire leur semblait légitime. Ils ont tenté une ouverture sur la route nord, une option radicale à fort taux de risque, mais la porte s’est brutalement refermée devant leur étrave. Déçus de leur résultat les deux navigateurs n’e n sont pas moins satisfaits d’avoir réussi à naviguer sans jamais rien lâcher, même dans les moments difficiles, d’être restés concentrés et d’avoir partagé vingt-trois jours de mer entre amitié confirmée et échanges de bons procédés.

Réaction de Yann Eliès :
« Bien sûr qu’on est déçus du classement. Quand tu viens pour gagner, tu ne peux pas t’en satisfaire. Mais en aucun cas, on ne regrette notre option. On a tenté un coup, parce qu’on avait analysé que sur la route du sud, tout serait verrouillé. Et les faits nous ont donné raison. C’est une course de vitesse qui s’est jouée et personne n’a pu se refaire en jouant un petit coup tactique. Pour le reste, on a passé de si bons moments avec Jérémie : on a assumé nos choix ensemble, on n’a jamais eu de tensions entre nous du fait de notre classement. C’est d’autant plus appréciable que ce n’est facile pour personne de jouer en queue de peloton. Maintenant, on a hâte d’arriver, de passer à autre chose et de profiter des douceurs de Saint-Barth. »

Réaction de Jérémie Beyou :
« Quand tu fais ce type de choix, tu t’attends forcément à vivre des jours difficiles si ça ne marche pas comme tu l’espérais. Sur le plan moral, c’était un peu dur, mais on ne s’est jamais démobilisés. Du coup, on a pas mal échangé sur nos façons de faire respectives et chacun a essayé de garder le meilleur de l’autre. En tous les cas, on est sacrément motivés pour la Solitaire du Figaro, l’un comme l’autre. Et d’avoir su rester mobilisés comme ça, malgré les classements ne peut que nous avoir aidé à progresser encore plus. Ceci dit, les dernières heures tu as envie qu’elles passent vite, c’est bientôt l’heure du ti-punch ! »




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