12 mai 2010
Nicolas Lunven et Jean Le Cam, à bord du monocoque Generali, clôturent la transat AG2R - La Mondiale à la sixième position après 23 jours, 04 heures, 19 minutes et 39 secondes de course à 18 heures, 19 minutes 39 secondes (heure de Paris), soit 12 heures 19 minutes 39 secondes (heure Saint Barth) à une vitesse moyenne de 6,95 noeuds. Les deux marins, vainqueurs de quatre Solitaire du Figaro à eux deux, réalisent une belle course pleine de rebondissements météorologiques et de retours aux avant-postes.

Une confirmation
Nicolas Lunven, le nouveau skipper Generali, confirme avec cette sixième position qu’il fait bien parti des nouveaux ténors de la Classe Figaro. Après sa grande victoire sur la dernière Solitaire du Figaro, une quatrième place avec Jean Le Cam sur le Tour de Bretagne à la Voile, une victoire en début d’année sur la Solo Les Sables, Nicolas Lunven n’a pas tardé à démontrer qu’il fallait désormais compter sur lui dans l’une des disciplines en solitaire à la voile les plus difficiles au Monde. Sa navigation avec Jean Le Cam renforcera, sans aucun doute, sa connaissance du large.
De son côté, Jean Le Cam, suite à quelques déconvenues véliques en 2009 sur le Tour du Monde en solitaire et sans escale et sur la Transat Jacques Vabre, enraie définitivement cette spirale et met à nouveau en avant son formidable talent de coureur au large.
Nicolas Lunven : « Notre bilan est positif »
Nicolas Lunven : « Globalement, nous avons été contents de notre manière de naviguer même si nous n’avons pas toujours eu de la réussite. Je ne pouvais pas rêver mieux que cette belle navigation avec Jean Le Cam. Il est un vrai bonheur en mer. Notre bilan est positif. Du Cap Finisterre à l'arrivée, nous avons joué les mêmes options que Nicolas Troussel et Thomas Rouxel, en navigant à vue. Il y a eu cette course dans la course. C'était une bonne motivation de savoir un bateau pas trop loin! La fin de l’épreuve a été difficile dans des alizés pas vraiment soutenus. Je reviendrais sur cette Transat ».
Jean Le Cam : « Heureux d’être à terre car nous n’avions plus d’eau à bord. La course s’est jouée pour nous le long des côtes portugaises (option à l’Est). Cela devait passer mais hélas quelques concurrents ont trouvé le moyen de franchir cette bulle sans trop de difficultés. Nous n’avons jamais réussi à revenir sur les leaders. Nous avions, tout de même, 60 milles de retard aux canaries, un écart conséquent pour des monotypes. Notre option Sud a, ensuite, été la bonne. La prochaine fois par contre on prendra un parasol ! La suite des événements pour moi, c’est le tour de l’Espagne avec Vincent Riou et la Barcelona World Race ».
Savoir attendre pour mieux rebondir
Nicolas Lunven et Jean Le Cam, sur cette Transat en double et à armes égales particulièrement relevée avec 25 duos engagés de haut niveau et de nombreux spécialistes de la voile en solitaire, sont loin d’avoir démérités. Un zest de chance aura, tout simplement, manqué au tandem. Le « petit prince et le roi » comme de nombreux observateurs les ont appelé avant le départ, sont partis de Concarneau le 18 avril avec beaucoup d’envie.
Dans une légère brise lors du franchissement du golfe de Gascogne et après un départ difficile de la Bretagne Sud, Nicolas Lunven et Jean Le Cam sont vite revenus parmi les meilleurs de la flotte. Au passage du Cap Finisterre, les grandes manœuvres ont débuté afin de passer une zone anticyclonique qui barrait la route des marins. A ce jeu, le duo a décidé de la franchir en mettant de l’Est par rapport à la route directe. Le long des côtes ibériques, ils ont décidé de naviguer, rallongeant leur trajectoire en pensant toucher du vent avant les partisans de l’Ouest et d’une route médiane. Mais, les fichiers météo, alors compliquées à analyser, ont joué des tours aux skippers du voilier Generali et quatre à cinq équipages ont réussi à s’extirper de cette bulle sans vent avant les autres. Relégués au classement général, Nicolas et Jean ont tiré les fruits de leur option un peu tard mais ils sont revenus dans le top 10 au passage de La Palma, porte obligatoire des Canaries. La véritable traversée de l’Atlantique pouvait commencer mais le vent jouait toujours avec les nerfs des engagés et au portant sous spi, Nicolas Lunven et Jean Le Cam optaient pour une nouvelle stratégie, à savoir contourner une zone de transition entre l’anticyclone des Açores et une mini dépression par le Sud. Savoir attendre pour mieux rebondir tel était, sans aucun doute, la philosophie des navigateurs Generali sur cette compétition. Accusant environ 130 milles de retard sur les nordistes et les leaders, ils revenaient, à nouveau, dans les dix premiers, il y a quelques jours tribord amure. Sixièmes, Nicolas et Jean, qui ne manquaient pas une occasion aux vacations de dire combien ils étaient heureux d’être ensemble en mer, ne lâchaient plus ensuite cette place au terme d’une épreuve haletante où les organismes ont souffert de la chaleur sur la fin et où Nicolas Lunven et Jean Le Cam ont démontré une vraie constance dans leurs choix, preuve d’une grande expérience !