3 mai 2010
Dans le langage des régatiers, une option à rebours de la majeure partie de la flotte est appelée « bord du facteur ». Une stratégie assumée totalement par Yann Eliès et Jérémie Beyou à bord de Generali Europ Assistance. Pointés en deuxième position de la Transat « AG2R La Mondiale » au classement de lundi à 15 heures, les deux navigateurs savent combien cette position peut-être fragile. Mais ils ont aussi quelques raisons d'y croire.<br /><br />

Yann et Jérémie ont donc fait leur choix. Relégués à quelque soixante milles des leaders au passage de la marque de La Palma, les deux compères attendaient l’opportunité de se démarquer par rapport à la concurrence. Venus pour en découdre, avides de naviguer après un hiver de stand-by, Yann et Jérémie ont fait le choix d’une option à fort taux de risque mais qui permet aux deux navigateurs de ne pas subir le poids de la course. Bien au contraire : en partant à la recherche de la route nord, l’équipage de Generali Europ Assistance sait qu’il est en passe de perturber le bel ordonnancement d’une course un peu trop vite considérée comme bouclée… C’est une sorte de revanche pour les deux navigateurs qui ont ressenti une réelle frustration au sortir de leur navigation sur le première parti e du parcours. Un équipage qui se réjouit chaque jour de sa complémentarité, une même volonté de jouer aux avant-postes, des vivres et du gazole pour tenir un siège, il existe des situations plus désagréables à vivre sur la route de Saint-Barth.
Extraits de la vacation avec Yann Eliès :
« On connaît les risques que l’on prend, mais quand on décide d’y aller, il faut le faire à fond. De toutes les façons, ni Jérémie ni moi, n’avons le tempérament pour nous satisfaire d’une place anonyme dans les dix premiers. En 2000, j’avais terminé 7ème de la course : qui s’en souvient à part moi ? C’est sûr que nous jouons gros sur ce coup là. Mais l’expérience montre que sur une Transat en Figaro tout reste possible : la vitesse de nos bateaux ne nous permet pas d’anticiper sur les systèmes météo, de jouer avec comme en multicoque ou sur les 60 pieds IMOCA. Ce ne serait pas la première fois que les outsiders à la marque de parcours avant l’Atlantique créent la surprise à l’arrivée. Et puis, on se rattrape par rapport à notre navigation au large du Portugal. Quand tu as le sentiment d’avoir navigué proprement, d’avoir été pertinent dans tes choix et que tu es puni par une météo capricieuse, tu te dis que tu as le droit de prendre quelques risques… Une chose est sûre, notre Generali Europ Assistance va se battre jusqu’au bout et si on peut faire mentir les pronostics, tant mieux. »